mercredi 19 septembre 2007

SM le Roi Mohammed VI nomme M. Abbas El Fassi, premier ministre

M. Abbas El Fassi, que SM le Roi Mohammed VI a nommé premier ministre, est né le 18 septembre 1940 à Berkane.Après des études primaires et secondaires à Kénitra puis à Tanger, M. El Fassi a poursuivi ses études supérieures à l'université Mohammed V de Rabat où il a obtenu une licence en Droit en 1963.En 1961, il avait été élu président de l'Union Générale des Etudiants du Maroc lors du congrès constitutif de cette organisation avant de devenir secrétaire général de la Ligue Marocaine des Droits de l'Homme en 1972.
Il a été également élu membre du bureau exécutif de l'Association Marocaine des Juristes en 1973 et bâtonnier de Rabat en 1975.
M. El Fassi est devenu membre du comité exécutif du Parti de l'Istiqlal en 1974 et réélu à ce poste en 1978, 1982 et 1989. Il avait fait partie de la délégation du parti qui a participé aux réunions des partis politiques du Maghreb Arabe, tenues à Tanger en 1983 et à Tunis en 1984.
En septembre 1984, il a été élu député de la circonscription de Larache à la Chambre des représentants.
M. El Fassi a été ministre de l'Habitat et de l'aménagement du territoire du 10 octobre 1977 au 4 novembre 1981, puis ministre de l'Artisanat et des affaires sociales, du 5 novembre 1981 au 10 avril 1985.
Il avait cumulé, depuis le 1er octobre 1985, les postes d'ambassadeur du Maroc à Tunis et de Représentant Permanent du Maroc auprès de la Ligue des Etats Arabes à l'époque où cette organisation siégeait dans la capitale tunisienne. Il a été aussi représentant du Royaume du Maroc au secrétariat de l'Union du Maghreb Arabe, du 21 janvier 1990 au 21 juillet de la même année. Il a, en outre, occupé le poste d'ambassadeur du Maroc à Paris de 1990 à 1994.
M. El Fassi est élu secrétaire général du PI en remplacement de M. M'hamed Boucetta lors du 13ème congrès du parti tenu en février 1998.
Le 6 septembre 2000, SM le Roi Mohammed VI le nomme ministre de l'Emploi, de la formation professionnelle, du développement social et de la solidarité, dans le gouvernement présidé par M. Abderrahmane Youssoufi.
En 2002 SM le Roi Mohammed VI le nomme ministre ministre d'Etat, dans le gouvernement présidé par M. Driss Jettou.
M. El Fassi est décoré des insignes de Grand Officier de l'ordre ýnational de mérite français et des insignes de Commandeur du premier ordre de la République tunisienne.
M. Abbas El Fassi est marié et père de quatre enfants.

mardi 18 septembre 2007

Premier Salon du cheval du 19 au 23 octobre à El Jadida

Le ministère de l'Agriculture et des pêches maritimes organise, du 19 au 23 octobre prochain à El Jadida, le premier Salon du cheval sous le thème "Cheval, tradition et modernité".
Placée sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, cette manifestation vise à "mettre en exergue le patrimoine équin et les traditions équestres séculaires liées à l'identification culturelle nationale", indique un communiqué du ministère parvenu lundi à l'agence MAP.
Une conférence de presse sera organisée, à cette occasion le 20 septembre à Casablanca, afin de permettre aux journalistes de prendre connaissance de cette manifestation et d'assister au lancement de la campagne de communication, souligne le document.

dimanche 16 septembre 2007

Industrie automobile. Hercule s’installe a Tanger



Avec le projet d’installation de l’usine Renault-Nissan, baptisé “Hercule”, le Maroc entre de plain-pied dans le club fermé des pays accueillant une véritable industrie automobile. Et ce ne serait qu’un début…Projet “Hercule” ! Difficile de trouver un nom plus évocateur pour désigner l’immense usine d’assemblage automobile que projette de construire l’alliance Renault-Nissan dans la nouvelle zone franche du port Tanger Med. Avec une superficie de 300 hectares, un investissement d’un milliard d’euros à l’horizon 2015, 6000 emplois
directs (et 30 000 emplois indirects), et une capacité de production qui devrait atteindre à terme les 400 000 véhicules, le projet affiche incontestablement des mensurations titanesques. Le samedi 1er septembre, date de la signature du protocole d’accord pour l’édification de cette méga-usine, c’était donc la foule des grands jours à Tanger Med. En plus des deux signataires de l’accord, Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, et le premier ministre marocain, Driss Jettou, la cérémonie de signature s’est déroulée en présence de tout ce que compte le Maroc comme gratin économique et politique, le roi Mohammed VI en tête.

Le baptême de Tanger Med

“Par sa dimension et surtout ses enjeux économiques, l’usine de Renault-Nissan s’inscrit dans la droite ligne des grands chantiers structurants qui ont marqué l’ère Mohammed VI. Dont, justement, le port Tanger Med, pour lequel on ne pouvait espérer meilleur baptême”, affirme un observateur proche du dossier. En effet, au-delà de l’aspect purement économique, ce projet revêt une importance stratégique. Dans les milieux économiques internationaux, on parle déjà d’un véritable tournant, qui scelle définitivement le destin du port tangérois comme pôle économique majeur du pourtour méditerranéen. Un avis que partage volontiers Saïd El Hadi, le président du directoire de l’agence spéciale Tanger Méditerranée (TMSA) : “L’accord qui vient d’être signé confirme, si besoin en était, le potentiel de Tanger Med. Il aura en outre un effet d’entraînement certain sur les opérateurs économiques, qui attendaient des signaux favorables”, déclare-t-il.Pourquoi un tel optimisme ? La réponse est simple. Elle a été formulée par Carlos Ghosn himself : “Il s'agit du plus gros investissement réalisé par l’Alliance Renault-Nissan jusqu'à maintenant”. Renault y produira des véhicules à bas coûts dérivés de la plate-forme Logan (berline 5 portes, pick-up, fourgon...), vendus sous le label des deux marques Renault et Dacia. Pour sa part, Nissan y assemblera un utilitaire low-cost (10 000 dollars). L’ensemble de la production est destiné à l’export, à hauteur de 90 % vers le marché européen, et 10% vers les pays du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord, voire d’Afrique subsaharienne.

Mais au-delà des détails techniques, il faudrait surtout retenir les déclarations enthousiastes de Ghosn sur le site de Melloussa : “Situé à seulement 15 kilomètres des côtes espagnoles et à la croisée des grandes routes maritimes, ce site bénéficie d'une situation géographique exceptionnelle”. Venant de celui que l’on surnomme le “Cost killer”, le compliment est de taille. Si la proximité de Tanger Med est pour beaucoup dans le choix du site marocain, Renault-Nissan n’en a pas moins bénéficié d’avantages spécifiques.

Suivant l’adage selon lequel les premiers venus sont les premiers servis, le gouvernement marocain s’est montré plutôt généreux : en plus de l’octroi du terrain de 300 hectares, d’un accès privilégié à la ligne de chemin de fer et divers avantages fiscaux, le constructeur automobile aura droit à d’autres concessions, listées dans un document… protégé par une clause de confidentialité. Parmi celles-ci, la compensation de la faiblesse majeure du Maroc comme terre d’accueil d’un investissement industriel : le coût de l’énergie. Selon une source qui a préféré garder l’anonymat, Renault-Nissan bénéficiera ainsi d’une importante ristourne sur sa facture énergétique.

Des effets d’entraînement

Le choix du Maroc pour abriter l’usine Renault-Nissan marque le début d’une politique d’implantations orientée vers la rive sud de la Méditerranée et ses faibles coûts de production. Une tendance qui ne manque pas de provoquer quelques sueurs froides dans les destinations traditionnelles de délocalisation de l’industrie automobile que sont les pays d’Europe de l’Est, la Turquie et, surtout, l’Espagne toute proche. Dans ces pays où les coûts de production ne cessent d’augmenter, on commence à appréhender l’éventualité d’une débandade parmi des constructeurs, réputés pour leur comportement moutonnier. Se voulant rassurant, Carlos Ghosn a affirmé que la nouvelle usine vient combler un déficit de production enregistré dans le programme Logan. D’ailleurs, même la Somaca verra sa capacité de production annuelle passer de 30 000 à 80 000 unités.

Malgré tout, la crainte est réelle. A fortiori lorsque l’on sait que l’exode des constructeurs entraîne généralement celui de leurs fournisseurs. Présents au Maroc depuis plusieurs années, des équipementiers comme les Japonais Sumitomo et Yazaki, mais surtout le Français Valeo et l’Américain Delphi, ouvrent d’emblée la marche. Valeo vient ainsi d’annoncer le doublement de sa capacité de production, tandis que Delphi a signé un mémorandum d’entente avec le gouvernement marocain pour l'installation d'une nouvelle unité dans la zone franche de Tanger avec, à la clé, la création de 3000 emplois. “À l’instar de ce qui s’était passé après l’ouverture de l’usine Nissan au Missouri, le mouvement est maintenant enclenché. Équipementiers et constructeurs savent désormais que le Maroc présente de réelles opportunités de développement”, affirme Philippe Cornet, PDG de Renault Maroc. De là à s’attendre à l’installation d’autres constructeurs, il y a un pas que de nombreux observateurs franchissent allégrement.

Aussi important soit-il, le projet de l’usine de Melloussa semble avoir été pensé, mené et négocié dans un laps de temps très réduit, presque à la hâte. De l’aveu même de Carlos Ghosn, dans une déclaration au quotidien français Le Monde : “Nous avons bouclé cet accord en un temps record. Les discussions n'ont commencé qu'en juin”. Et de préciser : “L'initiative en revient au premier ministre marocain, qui est venu me voir à Paris en février 2007”. À quelques jours de la fin de son mandat, Driss Jettou donne ainsi l’impression d’avoir tout fait pour accélérer la conclusion de cet accord. Volonté de concrétiser au plus vite un projet géant, ou désir personnel d’inscrire une réalisation majeure sur son CV de primat sortant ? Certainement les deux à la fois.

La consommation au ralenti

La consommation des ménages résidents, quoique en ralentissement par rapport à l'année précédente, a continué de soutenir la croissance nationale. L'amélioration du marché du travail, les baisses d'impôts décidées pour 2007, la consolidation des revenus extérieurs, le recours massif à l'emprunt et le reflux de l'inflation par rapport à l'année précédente, ont soutenu la consommation domestique. Les tensions inflationnistes se sont, quelque peu, apaisées au cours des six premiers mois (2,1%, contre 2,9% une année plus tôt). Les transferts des MRE ont crû de 15,6%, à fin mai 2007 et les crédits à la consommation ont bondi de 41,3%, parallèlement à une progression de 11,4% des importations de biens de consommation, en variations annuelles.Pour sa part, l'évolution de la consommation publique s'est sensiblement accélérée, suite à une hausse de 20,2% des dépenses de fonctionnement, à fin avril 2007.

ConjonctureLe PIB croîtrait de 1,9% au terme du 3e trimestre

La demande intérieure resterait le moteur de la croissancePour le troisième trimestre de cette année, les perspectives de croissance, bien que foncièrement mitigées, seraient marquées par un contexte extérieur en légère amélioration. La conjoncture resterait favorable pour nombre de secteurs, notamment le BTP, l'industrie, les services, les transports et les communications. Après une croissance estimée à 5,4% au deuxième trimestre, le PIB hors agriculture pourrait connaître une progression de 5,6% au troisième trimestre, situant, ainsi, la croissance globale du PIB à 1,9% environ. La demande intérieure resterait le principal moteur de la croissance au troisième trimestre. Le raffermissement de l'investissement s'accélérerait profitant de taux d'intérêt réels relativement bas et du dynamisme du marché de l'immobilier. Sur l'ensemble de l'année, le taux de croissance de la FBCF (Formation brute du capital fixe) s'établirait aux alentours de 11,8%, contre 10,9% une année passée.L'activité de la construction continuerait de croître à un rythme soutenu, en liaison avec l'importance des investissements engagés. L'industrie de transformation profiterait de la bonne orientation des commandes extérieures et d'une amélioration des livraisons sur le marché intérieur. Les activités du commerce, des transports et des télécommunications poursuivraient leur tendance haussière entamée au début de l'année.Nonobstant le repli des revenus ruraux, les dépenses des ménages en biens de consommation évolueraient favorablement, au cours du troisième trimestre, appuyées principalement par la réforme fiscale, engagée au début de cette année, et le recours massif à l'emprunt. Sous les hypothèses retenues par le HCP, la croissance de la consommation des ménages atteindrait 4,2% en 2007, après 7,8% en 2006. Une légère inflexion est donc attendue par rapport aux six premiers mois de cette année et au cours desquels l'activité économique a décéléré consécutivement aux faibles résultats des activités primaires et à un environnement international relativement moins porteur. Pâtissant des conditions climatiques défavorables, ayant marqué le démarrage de la campagne agricole actuelle, la production céréalière se serait établie aux alentours de 20 millions de quintaux. Le secteur de l'élevage devrait légèrement fléchir en raison de l'insuffisance du couvert végétal et du renchérissement des aliments de bétail.Globalement, la valeur ajoutée du secteur primaire a fléchi de 17,5%, en glissement annuel, au cours du premier trimestre 2007. La mise en chantier de grands projets d'infrastructure et d'habitat a soutenu l'activité de la construction et les secteurs qui lui sont liés. Les ventes de ciment ont crû de 19,9%, en variation annuelle, au cours des cinq premiers mois de 2007, parallèlement à un rebond de 33% des crédits à l'immobilier.De son côté, l'industrie a profité, au premier trimestre, d'une amélioration des commandes étrangères et a réalisé une progression de 4,1% de sa valeur ajoutée. C'est ainsi que les exportations de produits finis de consommation et des biens d'équipement se sont raffermies respectivement de 5,1% et de 13,1%, à fin mai. Le dynamisme de l'investissement, observé ces dernières années, a profité de la vitalité du marché de l'immobilier, de l'exécution de grands projets d'infrastructures et d'un afflux plus important des investissements étrangers. L'investissement en immobilier bénéficie toujours d'une forte demande de logements neufs de la part des ménages, encouragés par les facilités de prêts accordés, dont la hausse a atteint près de 33%, au cours des cinq premiers mois de cette année. L'accélération de la demande adressée aux entreprises a soutenu l'investissement en biens d'équipement. Les crédits y afférents se sont consolidés de 27,2%, au cours de la même période et les importations de produits finis d'équipement se sont raffermies de 14,1%, en variations annuelles. Dans le même sillage, les importations de demi-produits et des produits bruts ont augmenté de 21,6% et de 15% respectivement. L'assouplissement des procédures de création d'entreprises et l'amélioration du climat des affaires ont encouragé de nouveaux investissements. A fin mai 2007, le nombre de certificats négatifs délivrés par l'OMPIC s'est raffermi de 18% par rapport au niveau enregistré une année auparavant. Ils ont profité, en grande partie, aux secteurs des services, du commerce, du BTP et de l'industrie.

samedi 15 septembre 2007

Hausse des prix et paix sociale!

C'est un euphémisme! La vie chère, les prix grimpent! Voilà que les premiers jours du mois sacré du Ramadan nous renvoient une réalité insaisissable et pourtant présente: une hausse des prix effrénée de produits et des denrées de base. La valse n'atteint pas seulement, comme nous l'annoncions dans nos dernières éditions, le prix du pain ou du lait, mais l'ensemble des articles de première nécessité.Et de ce fait, elle menace, pour ne pas dire elle entame et écorne sérieusement le pouvoir d'achat des ménages. Les prix à la consommation repartent à une hausse folle, renforçant l'érosion d'un pouvoir d'achat déjà malmené par la rentrée scolaire, venue elle aussi après les dépenses – inscrites désormais dans l'agenda – occasionnées pour les vacances! Ce n'est pas un hasard si l'on parle volontiers d'une hausse du coût de la vie de plus de 2,1%, comparée à la même période de l'année dernière.Les citoyens, s'ils subissent une rafale de hausses depuis quelques jours, ne les comprennent pas pour autant: chauffeurs de taxis ou de bus, fonctionnaires, membres des professions libérales, avocats ou autres reçoivent de plein fouet une cascade d'augmentations multiformes. Ici le pain, là le sucre, là encore la pomme de terre dont le prix a augmenté de plus de 40% et la tomate de 100%, sans parler du reste, d'un essentiel ordinaire qui fait la survie…Cette chaîne de hausses concerne aussi bien les produits alimentaires dont l'indice dépasse les 2,8% que les produits non alimentaires dont le baromètre a grimpé de 1,6%.Les citoyens, notamment les populations dépourvues, ne peuvent évidemment jongler avec le jeu des chiffres. Ils mesurent la portée d'une évolution qui, jusqu'à nouvel ordre, s'apparente à un chaos des prix, lors même que les autorités semblent s'en inquiéter et proclamer tout à la fois le principe de liberté des prix.Le gouvernement, réuni en principe pour en débattre entre autres questions urgentes, ne peut laisser glisser une situation où le "chacun pour soi" sacrifie non seulement un pouvoir d'achat mais la règle de solidarité sociale sur l'autel d'intérêts égoïstes.Alors que nous sortons d'une période marquée par les élections législatives – où la démocratie en est sortie triomphante -, il eut été souhaitable qu'une adéquation économique vienne la couronner en termes de fixation de prix sur les produits. Il ne s'agit pas simplement de réguler ici mais d'appliquer un contrôle strict, rigoureux et impartial, à tout le moins sur les prix de première nécessité. La paix sociale, l'adhésion à une politique économique aussi, la mise en œuvre d'une vision à terme y relèvent à coup sûr.

vendredi 14 septembre 2007

Auchant en emporte le vent

Auchan et l’ONA ont fini par divorcer. Les deux parties mettent ainsi un terme au bras de fer qui a opposé le groupe marocain au géant français de la grande distribution. Décryptage d’une séparation houleuse.Vendredi 24 août, la nouvelle tant attendue finit par tomber : “Les groupes Auchan et ONA ont décidé, d’un commun accord, de mettre fin à leur partenariat initié fin 2000 pour créer la chaîne de supermarchés Acima et développer le réseau d’hypermarchés Marjane”. L’information est relayée dans un communiqué de presse laconique des deux parties,
qui vient clôturer un bras de fer vieux de plusieurs mois. Auchan a donc cédé sa participation de 49% dans les deux sociétés de distribution à l’ONA, faisant du holding royal le propriétaire exclusif des chaînes Acima et Marjane.Pourtant, en novembre 2000, quand les deux entités signent un protocole d’accord, rien ne laisse présager que le mariage ne célébrera même pas ses noces d’étain (10 ans de mariage). Quelques mois plus tard, le 12 janvier 2001, l’ONA cède 49% de Cofarma, pour un montant de 1,6 milliard de dirhams, et réalise au passage une plus-value de 382 millions de dirhams. Il faut dire que le secteur promettait. À l’époque, les supermarchés Marjane viennent en effet de révolutionner le quotidien d’une partie de la population marocaine. Contrairement à son homologue Makro qui imposait la vente au gros, Marjane n’obligeait pas ses clients à repartir avec un quintal de sucre. L’enseigne opte pour la vente au détail pour les particuliers et connaît un succès rapide. C’est ainsi que le duo gagnant ONA-Auchan prend rapidement ses marques, connaissant un développement conforme aux prévisions : “Le chiffre d’affaires a été multiplié par 4 depuis fin 2000, ce qui montre les progrès réalisés pendant notre collaboration”, a déclaré ce porte-parole du groupe français.En mars 2006, quand l’ONA fait voter, à une majorité simple, une résolution prévoyant le passage de 2 à 3 du nombre de membres du directoire, le management du numéro 10 mondial de la grande distribution le vit comme un coup de poignard dans le dos. On parle alors de “coup de force”, de l’autre côté de la Méditerranée. “Le protocole signé en 2000 reflétait l’esprit de l’accord entre les parties : un contrôle conjoint et paritaire des deux entreprises. Les décisions importantes doivent nécessairement être prises par le conseil de surveillance à une majorité qualifiée des deux tiers, c’est-à-dire avec l’accord d’Auchan”, répète à qui veut bien l’entende cette source du groupe français.Querelles de couple Qu’à cela ne tienne. Les responsable de l’ONA ne s’embarrasseront pas de ce genre de considérations. Les responsables d’Auchan finissent par avaler la pilule, bien malgré eux, car, comme le rappelle ce responsable, “cette orientation (…) doit quand même se mettre en place car la décision a été entérinée dans le dernier conseil de surveillance”. Suivent “de nombreuses tentatives de conciliation au plus haut niveau” - on imagine lequel -, qui seront classées sans suite. De guerre lasse, le groupe Auchan finit par demander que ce litige fasse l’objet de la procédure d’arbitrage prévue au protocole.C’est malheureusement peine perdue pour le groupe français, débouté dans sa requête. La sentence prononcée par le tribunal arbitral (composé de 3 arbitres marocains, un arbitre choisi par chaque partie et un président désigné par le président du Tribunal de Commerce de Casablanca) tranche : “Les dispositions de ce protocole sont nulles et sans effet en ce qui concerne l’objet du différend”. Christophe Dubrulle, président du directoire du groupe Auchan, ne cachera pas son mécontentement : “Cette conclusion nous stupéfie littéralement. Elle est totalement contraire (…) à toutes les pratiques du droit international et à tous les avis d’experts juridiques marocains et internationaux que nous avons consultés sur cette question. Je suis forcé d’en conclure que les protocoles d’accords internationaux signés par l’ONA semblent ne pas avoir de valeur au Maroc”.Malgré tout, Auchan ne baisse pas les bras. Les Français ne comptent pas abandonner facilement le terrain et le font savoir. Dans un dernier coup de bluff, ils titrent un de leur communiqués de presse du mois de janvier 2007 : “Arbitrage surprenant et défavorable à Casablanca : Auchan fait front et décide de rester au Maroc”. Christophe Dubrulle commente : “Le résultat de cet arbitrage, dont le déroulement n’a pas cessé de nous surprendre, ne change en rien notre détermination à rester au Maroc (…). Nous sommes véritablement attachés à ce pays, à sa culture et à ses habitants que nous avons appris à connaître depuis maintenant plus de 6 ans”. Le Maroc, son soleil, ses oranges… et les 7 milliards de dirhams de chiffre d’affaires générés par les enseignes Marjane et Acima.Divorce à l’amiableEn agissant ainsi, les responsables d’Auchan ne trompent personne, sinon le temps. Le message en filigrane est clair : “Nous ne partirons pas à n’importe quel prix”. La mariée veut récupérer sa dot, d’autant qu’elle s’est beaucoup investie dans cette relation, “en apportant notamment son savoir-faire en matière de commerce, de marketing, de formation, de logistique et d’achats”, martèle un communiqué du groupe Auchan. Cette stratégie s’avérera finalement payante, au sens propre du terme. Les deux parties finissent par trouver un terrain d’entente, pécuniaire une fois de plus. “La cession des 49% d’Auchan s’est faite à un prix satisfaisant qui générera une plus-value sur le compte d'Auchan en 2007”, explique la porte-parole du groupe français. Même si les deux partenaires ont préféré taire (pour l’instant) le montant de la transaction, il suffit de rappeler que le chiffre d’affaires a été quadruplé depuis l’acquisition de 49% des parts de Cofarma par Auchan en 2001. Il est donc fort à parier que le prix de cession a augmenté, au moins, dans la même proportion. “Auchan aurait préféré une autre issue mais nous avons fait le constat qu'on ne pouvait plus travailler ensemble”, ajoute la porte-parole du groupe, précisant que les contrats d’assistance et de sourcing seront menés à leur terme.Si de nombreuses raisons ont été avancées ici et là pour expliquer le divorce, notamment le poids salarial des quelques directeurs expatriés, la volonté de l’ONA de s’approvisionner dans ses propres filiales (et non via la centrale d’achat d’Auchan, comme le stipulait le protocole d’accord), ou encore, comme avancé dernièrement, le problème de partage du pouvoir, la raison la plus probable du conflit, c'est que le secteur de la distribution est l’un des rares pôles de l'ONA qui se développent. “Il n’y a qu’à voir les taux de croissance fulgurants lors de ces dernières années. Mais les managers de l’ONA ne veulent pas partager les bénéfices engendrés, d'autant qu'ils estiment que l'apport d'Auchan n'est pas si indispensable que cela”, explique une source proche de l'ONA. Ajoutez à cela le fait que la grande distribution constitue une réserve de trésorerie importante pour le holding royal. Enfin, comme l’a annoncé Saâd Bendidi lors de la dernière présentation des résultats, Cofarma est une structure qui s’autofinance. Le secteur se porte à merveille et quand il y en a pour deux, il y en a encore deux fois plus pour un...

samedi 8 septembre 2007

Résultat des élections 2007

Voici la répartition des sièges obtenus par les partis politiques, selon les résultats provisoires annoncés samedi par le ministre de l'Intérieur, M. Chakib Benmoussa, lors d'une conférence de presse, au lendemain des élections législatives :
- Parti de l'Istiqlal: 52 sièges, soit 16 pour cent des suffrages.
- Parti de la Justice et du Développement : 47 sièges, soit 14 pour cent des suffrages.
- Mouvement Populaire : 43 sièges, soit 13 pour cent.
- Rassemblement National des Indépendants : 38 siéges, soit 12 pour cent.
- Union Socialiste des Forces Populaires : 36 sièges, soit 10 pour cent.
- Union Constitutionnelle: 27 sièges, soit 8 pour cent.
- Parti du Progrès et du Socialisme : 17 sièges.
- Front des Forces Démocratiques : 9 sièges.
- Mouvement Démocratique et Social : 9 sièges.
- Union PND-Al Ahd : 8 sièges.
- Union PADS-CNI-PSU : 5 sièges.
- SAP : 5 sièges.- Parti Travailliste :5 sièges.
- Parti de l'Environnement et du Développement: 4 sièges.
- Parti du Renouveau et de l'Equité: 4 sièges.
- Parti Socialiste :3 sièges.- Parti Al Ahd : 3 sièges.
- Parti National Démocrate :3 sièges.- Union Marocaine pour la Démocratie : 2 sièges.
- Initiative Développement et Citoyenneté : 1 siège.- Alliance Des Libertés : 1 siège.- Congrès National Ittihadi : 1 siège.
- Parti de la Renaissance et de la Vertu : 1 siège.-
Forces Citoyennes : 1 siège.

Les résultats définitifs seront proclamés dimanche par le ministère de l'Intérieur.

jeudi 6 septembre 2007

Législatives 2007 : Choix irréversibles d'un scrutin

Les électeurs conviés à voter ce vendredi auront à choisir entre deux options majeures : le progrès ou le recul Les Marocaines et les Marocains, toutes catégories et toutes obédiences confondues, votent ce vendredi 7 septembre pour élire leurs 325 députés à la Chambre des représentants. On n'a pas tari de commentaires pendant ces deux semaines écoulées de campagne électorale, où les trente-trois partis en lice ont battu chacun à sa manière et avec ses propres arguments le rappel des troupes. Les grandes comme les petites formations se sont mobilisées sur le terrain, dans les colonnes des journaux, sur les chaînes de télévision aussi, accréditant ainsi le sentiment d'un débat démocratique, alors qu'en réalité il n' y a pas eu de confrontation directe entre les uns et les autres.C'est le propre d'une campagne à la fois fluide et limitée paradoxalement par le fait de la multitude. Assurés de leur score, d'aucuns se sont d'ores et déjà proclamés vainqueurs, ne laissant aucun doute méthodique sur les résultats définitifs. C'est le cas du Parti de la justice et du développement (PJD) qui proclame à tout bout de champ gagner plus de 70 sièges, ne laisse aucun espoir aux autres partis, s'érige forcément – le relais d'une certaine presse nationale et internationale aidant – en formation leader…A l'heure où nous écrivons ces lignes, la partie politique du 7 septembre, avant d'être gagnée par l'un ou l'autre, relève d'une grande incertitude. C'est la loi des scrutins, elle constitue l'inconnue de l'équation. D'autant plus qu'aucun sondage scientifique, fût-il rigoureux et extrêmement précis, n'est venu, n'existe pour corroborer telle ou telle inclinaison politique. Sauf à sacrifier aux pronostics – qui n'engagent que ceux qui s'y livrent -, rien n'est moins sûr, on l'a dit, dans l'élection d'aujourd'hui que l'inconnue mathématique.Toujours est-il que USFP, Istiqlal, Mouvement populaire, RNI, PJD, PND ou autres, la victoire de l'une ou l'autre de ces formations sera la victoire de la démocratie et du Maroc de Mohammed VI. Cette vérité, pour une fois, ne relèvera pas de La Palice, elle traduit une réalité intangible du nouveau Maroc, conforte aussi la volonté proclamée de transparence et de rigueur.Peu importe les commentaires qui suivront, les conclusions qui seront tirées après-coup, les craintes exprimées par devers une évolution irréversible et même, a contrario , les profusions de joie de ceux qui seront portés au pinacle. "Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ! ". Le précepte, empreint d'une profonde sagesse, est de Friedrich Hölderlin, poète allemand du XVIIIème siècle, disciple de Goethe. Si une telle parole peut servir de viatique, voire d'argument pour l'un ou l'autre des partis engagés dans la bataille, elle constitue une dimension imparable aux yeux des électeurs.Ceux-ci, nombreux et conscients aussi de l'enjeu, ne peuvent pas ne pas mesurer le poids des résultats qui sortiront du scrutin de ce vendredi. Au terme d'une campagne électorale jugée régulière, marquée par l'assiduité des candidats, sacrifiant davantage à des thématiques locales – eau, électricité, équipements, infrastructures – qu'à des débats d'idées, les électeurs sont pour la première fois interpellés sur des sujets fondamentaux de société où la religion est véhiculée par le PJD comme un argument politique et où, inversement, la quasi-totalité des autres partis lui opposent le contre-argument de la modernité. Or, le débat politique actuel ne saurait se réduire caricaturalement à ce dilemme cornélien : la religion opposée à la modernité, comme autrefois la tradition à la modernité.L'Etat marocain procède par essence de la foi islamique et aucun parti, quel qu'il soit, ne peut ni se prévaloir de son monopole ni l'ériger comme une sorte de frontispice. La religion ne saurait constituer un programme politique et ceux qui s'en réclament le savent d'autant plus qu'il leur faudrait s'inscrire dans le mouvement incommensurable et irréversible de la modernité. Le Maroc fait de cette dernière son credo mais aussi un programme, interpellé aussi qu'il est par l'exigence de relever les défis du progrès, de la croissance, du développement durable, du pluralisme, de la démocratie, de la diversité et de la tolérance. De tels paramètres ne constituent pas – loin s'en faut – des slogans, ils s'afficheront sur le tableau au lendemain des élections législatives. Ils seront au rendez-vous dès la semaine prochaine. Ceux qui sont appelés à prendre en charge le destin du pays ne peuvent que s'y résoudre et s'y impliquer, sous peine d'être emportés par la marée de l'inconnue et surtout par les effets de manche qui séduisent plus d'un d'entre nous. Les électeurs conviés à voter ce vendredi auront à choisir entre deux options majeures : le progrès ou le recul. Outre l'incertitude qui caractérise toute épreuve démocratique de cet ordre, il convient notamment de mettre en exergue le choix de la liberté qu'implique aussi le dilemme. Sans la démocratie, sans la liberté aussi, notre système de représentation – il faut le dire et le répéter – n'eût guère favorisé cette émergence politique de partis et d'expressions politiques, traduite par le pullulement de quelque trente-trois formations en lice, des programmes aussi nombreux et compétitifs, des femmes et des hommes différents, bref, un véritable champ de créativité dont, forcément, d'aucuns ne se réjouissent pas aussi aisément. La liberté dans cette affaire a été l'alliée privilégiée de la démocratie. Les deux exigences constituent aujourd'hui les deux pôles de notre étendard et aucun parti politique, nul leader n'y peut ni doit se soustraire. Tout le monde partage l'aversion marquée contre l'intolérance et l'obscurantisme, et pas moins que les partis classiques le PJD, sauf à se renier, ne cèdera à la tentation de l'extrémisme idéologique. Il est vrai que toute formation sera jaugée à l'aune de ses pratiques une fois caparaçonnée dans l'exercice des responsabilités, sur pièces et à ses actes et décisions.Peut-être faudrait-il, dans le souci de sérier les impératifs incontournables de la démocratie, rappeler ses référentiels sur lesquels la vigilance ne sera jamais levée :1) – Le choix de la démocratie et des institutions monarchiques, appuyées sur un Etat de droit patiemment et laborieusement bâti. De l'IER à la construction d'un édifice où s'épanouissent libertés collectives, individuelles et esprit d'initiative. C'est, grâce à Sa Majesté Mohammed VI, le résultat d'un processus auquel la nation, le peuple et la société civile ont apporté leur soutien et leur adhésion.2) – Le choix de l'édification du Maghreb, auquel Sa Majesté le Roi appelle de tous ses vœux. Elle est liée à la dynamique de l'histoire qui dépasse les hommes et les vicissitudes. Choix stratégique, irréversible.3) - Le choix du développement et la modernisation du Maroc. Depuis huit ans, un effort considérable, pharaonique même est déployé sur tous les fronts. Il est illustré avec des engagements concrets en matière d'infrastructures, de réalisations économiques, de réformes multiples, de croissance avérée et de lutte contre les inégalités.4) – Le choix d'une vision sociale, faite de solidarité dynamique et agissante. Elle est la traduction d'une volonté partagée de lutte contre la marginalisation, l'exclusion et la précarité. Solidarité en interne comme en externe du Maroc. Culture et programme à la fois pour éradiquer la pauvreté, les bidonvilles, promouvoir le progrès social et la réinsertion dans le processus du progrès et du développement des populations menacées.5) – Le civisme et la citoyenneté, fruit d'un effort de longue haleine en termes d'éducation, de formation et de prise en charge par l'Etat et la société civile des populations. Ce sont la face renversée de la liberté. C'est aussi l'un des mécanismes institutionnels de la tolérance, de la diversité et du pluralisme qui sont au Maroc ce que l'âme intangible est au corps humain, une force et une puissance.Les formations politiques se reconnaitraient-elles dans ce catalogue rapide, sommaire à la limite, qu'elles feraient en sorte de s'y tenir ex abrupto ! Elles ne peuvent, en revanche, s'en écarter car c'est l'objet de débat, d'un débat d'idées qui a cruellement manqué pendant cette campagne. Ce n'est pas le changement de majorité qui mettra un terme à une telle exigence globale, celle de l'éthique politique, dépouillée de démagogie, tournée vers l'intérêt national plutôt que vers l'égoïsme partisan.Aujourd'hui, le Maroc fait le pari du changement – un changement dont personne ne saurait prédire la nature -, mais qui ne peut en aucun cas s'accommoder ni des pratiques éprouvées du pouvoir condamnées par le passé , ni d'un nouvel autoritarisme aux colorations idéologiques, voire démagogiques ! On peut s'évertuer à jouer les pronostics ! Mais, sachons que, quels qu'en soient les résultats, l'élection de ce vendredi 7 septembre porte en germe un autre changement : celui du rôle de ce qui deviendra l'opposition à la majorité gagnante. Il ne sera plus le même, portera évidemment à conséquence parce qu'alors, peut-être aussi, le débat prendra sa forme réelle sous le signe des nouveaux enjeux. Pour l'heure, les électeurs doivent aller aux urnes exprimer leur choix librement, ils doivent conforter le lien social d'un pays qui marque les étapes de son développement au signe du progrès…

mardi 4 septembre 2007

Encore une figure emblematique du Maroc qui disparait:Rajaa Belmlih


Décès de la diva Rajae Belmlih L’artiste marocaine Rajae Belmlih, la grande chanteuse aimée et appréciée partout dans le monde arabe, est décédée, dimanche après midi à Rabat, à l’âge de 45 ans des suites d’une longue maladie.
L’état de santé de la défunte s’était détérioré dernièrement, ce qui a nécessité son transfert, vendredi dernier, de Casablanca pour être admise à l’hôpital Cheikh Zayed à Rabat.
Les obsèques de Rajae Belmlih auront lieu, aujourd’hui, lundi, après la prière de Dohr au cimetière de Chouhada à Casablanca.
Nos condoléances les plus attristées vont à sa famille, à ses nombreux fans et admirateurs et à toute la famille artistique marocaine et arabe.
Nous sommes à Allah et à Lui nous retournons.