samedi 15 septembre 2007
Hausse des prix et paix sociale!
C'est un euphémisme! La vie chère, les prix grimpent! Voilà que les premiers jours du mois sacré du Ramadan nous renvoient une réalité insaisissable et pourtant présente: une hausse des prix effrénée de produits et des denrées de base. La valse n'atteint pas seulement, comme nous l'annoncions dans nos dernières éditions, le prix du pain ou du lait, mais l'ensemble des articles de première nécessité.Et de ce fait, elle menace, pour ne pas dire elle entame et écorne sérieusement le pouvoir d'achat des ménages. Les prix à la consommation repartent à une hausse folle, renforçant l'érosion d'un pouvoir d'achat déjà malmené par la rentrée scolaire, venue elle aussi après les dépenses – inscrites désormais dans l'agenda – occasionnées pour les vacances! Ce n'est pas un hasard si l'on parle volontiers d'une hausse du coût de la vie de plus de 2,1%, comparée à la même période de l'année dernière.Les citoyens, s'ils subissent une rafale de hausses depuis quelques jours, ne les comprennent pas pour autant: chauffeurs de taxis ou de bus, fonctionnaires, membres des professions libérales, avocats ou autres reçoivent de plein fouet une cascade d'augmentations multiformes. Ici le pain, là le sucre, là encore la pomme de terre dont le prix a augmenté de plus de 40% et la tomate de 100%, sans parler du reste, d'un essentiel ordinaire qui fait la survie…Cette chaîne de hausses concerne aussi bien les produits alimentaires dont l'indice dépasse les 2,8% que les produits non alimentaires dont le baromètre a grimpé de 1,6%.Les citoyens, notamment les populations dépourvues, ne peuvent évidemment jongler avec le jeu des chiffres. Ils mesurent la portée d'une évolution qui, jusqu'à nouvel ordre, s'apparente à un chaos des prix, lors même que les autorités semblent s'en inquiéter et proclamer tout à la fois le principe de liberté des prix.Le gouvernement, réuni en principe pour en débattre entre autres questions urgentes, ne peut laisser glisser une situation où le "chacun pour soi" sacrifie non seulement un pouvoir d'achat mais la règle de solidarité sociale sur l'autel d'intérêts égoïstes.Alors que nous sortons d'une période marquée par les élections législatives – où la démocratie en est sortie triomphante -, il eut été souhaitable qu'une adéquation économique vienne la couronner en termes de fixation de prix sur les produits. Il ne s'agit pas simplement de réguler ici mais d'appliquer un contrôle strict, rigoureux et impartial, à tout le moins sur les prix de première nécessité. La paix sociale, l'adhésion à une politique économique aussi, la mise en œuvre d'une vision à terme y relèvent à coup sûr.
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